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Comment développer vos ressources personnelles

Comment Développer Vos Ressources Personnelles par FRANCIS DELVAL 1 Comment développer vos ressources personnelles

Sommaire

Introduction____________________________________________3 Un outil pour améliorer vos relations : l’analyse transactionnelle5 Votre relation avec les autres_____________________________13 Vos relations avec la Vie_________________________________22 Sur le territoire de vos ressources_________________________25 Utilisez vos ressources___________________________________37 Dans la jungle de vos croyances___________________________43 Vos valeurs, croyances essentielles________________________69 Vivre ici et maintenant__________________________________73 Conclusion____________________________________________75 2 Comment développer vos ressources personnelles Introduction Vous vous trouvez des défauts, des limites, des faiblesses ? Bien sûr ! Quoi de plus naturel ? Cela ne doit pas vous empêcher de cultiver vos qualités. Vous devez aussi pouvoir constater et évaluer vos faiblesses avec la calme détermination d'y remédier, avoir l'envie de repousser vos limites, et la conviction que cela est bel et bien réalisable. C'est l’objet même du développement personnel que de rechercher avec détermination et constance à progresser. Comme c’est la nature même de l’humain d’évoluer, de changer, et aussi de pouvoir choisir vers quoi il veut évoluer. Porter sur soi même un regard bienveillant, confiant, permet de développer une attitude positive qui tend toujours à trouver remède à toute difficulté, de façon à la fois pragmatique et aimante. La ressource primordiale à utiliser dans la relation avec soi même est la bienveillance. En portant sur nous-même une attention faite de bienveillance tranquille, nous pouvons observer aussi bien nos moments de bien-être que ceux de malaise, voire de souffrance. La souffrance, qu’elle se manifeste au plan physique ou au plan incorporel, est un signal, un clignotant, destiné à nous avertir que « quelque chose ne va pas ». Une souffrance physique nous incite à identifier la cause du mal et à trouver un remède adapté. La souffrance intérieure est à utiliser de la même manière : elle est le signal que quelque chose peut être modifié, amélioré en nous, que ce soit dans notre comportement, dans notre compréhension de la vie et de nous même, dans l'utilisation de nos ressources. Quant aux moments de bien-être, ils sont à savourer sans hésitation ni restrictions : sachons ne pas nous en priver ! N’hésitons pas à utiliser la bienveillance envers nous-même, sachons ainsi apprécier nos qualités et nos succès, regarder positivement nos limites et tirer parti de nos erreurs et de nos insuccès. 3 Comment développer vos ressources personnelles L’acceptation bienveillante de soi débouche peu à peu sur une juste estime de soi ; c’est cette dernière qui va nous permettre d’établir avec autrui la relation sur le mode « OK+/OK+ » : je suis « OK », et l’autre est « OK ». 􀁉 4 Comment développer vos ressources personnelles Un outil pour améliorer vos relations : l’analyse transactionnelle Pour affiner la compréhension et l’acceptation de soi, il bon de disposer d’outils dont l’efficacité a été validée par la pratique. Aussi, avant d’aborder les relations avec autrui, je vous propose de prendre connaissance de quelques aspects de l’analyse transactionnelle, aspects qui vont vous permettre de mieux vous connaître puis de modifier favorablement vos relations, avec vous même tout d’abord, puis avec autrui. Les trois états du Moi Le fondateur de l’analyse transactionnelle, Eric Berne, a distingué trois aspects de la personnalité, présents en chacun d’entre nous, et qui sont appelés « états du moi ». Ces trois états font que nous pouvons nous comporter dans la communication - avec autrui, mais aussi avec nous même, en dialogue intérieur - comme si nous donnions momentanément la parole à l’une de ces trois « personnes ». Ces trois états de notre personnalité sont appelés : le Parent, l’Adulte et l’Enfant Attention ! Il paraît important d’insister ici sur le risque qu’il y aurait à se convaincre, en lisant les développements qui vont suivre, que trois personnes à part entière, distinctes, coexistent en nous ! Il ne s’agit pas de cela : nous sommes bel et bien une personne unique, avec une personnalité unique, et il n’y a en aucun cas « plusieurs personnes en nous ». Notre personnalité comporte simplement de nombreuses facettes, de multiples manières de s’exprimer, et les trois états du moi discernés par Berne ne sont que trois de ces multiples facettes. 5 Comment développer vos ressources personnelles Nous pouvons aussi considérer que les trois modes relationnels décrits sont simplement des « longueurs d’ondes » que nous utilisons à volonté pour nous exprimer et dont nous pouvons changer à tout moment. Nous utiliserons donc largement les termes « facettes » ou « aspects » pour qualifier ces différents « états du moi » utilisés en analyse transactionnelle. En tout état de cause, gardons à l’esprit la nécessité de conserver une conscience unitaire de nous même : cette conscience unitaire de soi est indispensable pour asseoir notre relation à nous-même. Le Parent Notre Parent intérieur est l'aspect de nous même qui détient notre expérience, notre acquis, notre savoir, et de ce fait nos repères, nos normes, nos valeurs. Nous avons construit l’aspect Parent de notre personnalité du fait de l’influence de notre entourage, des personnes dont l’autorité nous a marqués, et donc principalement de nos propres parents, mais aussi de nos éducateurs et « maîtres » de toute nature. Nous utilisons cette facette de notre personnalité dans les cas où nous voulons faire usage de domination, de critique, d’autorité, et aussi de protection et d’encouragement. Il convient de souligner que même un petit enfant peut avoir un état du moi Parent bien développé : nous avons tous vu, lorsque des enfants jouent, que certains ont facilement tendance à vouloir commander aux autres, à leur imposer des règles, en somme à « jouer au petit chef ». Notre aspect Parent comporte plusieurs facettes. On distingue habituellement : • le Parent critique ou normatif • le Parent nourricier ou donnant 6 Comment développer vos ressources personnelles Le Parent critique ou normatif Cet aspect du Parent est avant tout le « garant de l’ordre et de la loi », il est le détenteur des normes et des valeurs de la personne. Il représente l’autorité. Le Parent normatif utilise le côté positif, nécessaire de la loi : il a pour rôle de réguler, protéger, éviter les excès et les abus. Le Parent critique, quant à lui, représente notre tendance à juger, critiquer, réprimander, sanctionner, menacer... Il utilise plutôt les aspects contraignants de l’autorité, avec ses effets inhibiteurs, répressifs. Le Parent critique est aussi vecteur de notre orgueil ; il tend à regarder autrui de haut et à vouloir imposer sa propre loi. Il adresse en conséquence à notre enfant intérieur des consignes, des injonctions qui font appel à l’honneur, au sens du devoir et de l’effort, telles que « Sois parfait », « Tu dois être digne de ton rang », « Travaille plus », ou au contraire tendent à le rejeter dans l’indignité : « Puisque tu ne réussis pas à être dans les normes que je veux t’imposer, tu n’as plus qu’à sombrer dans la honte ». Exemples de phrases utilisées par le Parent critique : « Tu ne dois pas faire cela » ; « C’est un scandale ! » ; « Pour qui te prends-tu ? « ; « Tu n’y arriveras jamais ». Le Parent nourricier (ou donnant, ou bienveillant) Il représente la faculté que nous avons de nous occuper d’autrui (et aussi de nous même) avec bienveillance, de consoler, rassurer, encourager, protéger. Il s’agit donc de l’aspect chaleureux du Parent, à la fois paternel et maternel, et comme tel, c’est vers lui que nous pouvons nous tourner pour laisser parler et développer notre bienveillance envers nous même, nous ressourcer et trouver du réconfort. Mais il peut parfois tomber lui aussi dans l’excès, surprotéger et étouffer ceux à qui il s’adresse. On parle alors de « Parent sauveur ». Exemples de phrases utilisées par le Parent nourricier : « Je suis sûr que tu vas y arriver » ; « Comment va ton mal de dos ? » ; « Couvre-toi bien, il fait froid ce matin » ; « Ce n’est pas grave, cela va passer ». 7 Comment développer vos ressources personnelles L’Adulte Il est assez aisé de caractériser notre aspect Adulte. L’Adulte est avant tout « neutre, objectif, raisonné ». Il cherche à résoudre les problèmes en toute rationalité, pèse soigneusement le pour et le contre, décide en toute conscience. Il peut être qualifié également de « responsable ». S’il est avant tout efficace et pragmatique, cet état Adulte manque aussi de chaleur : les sentiments et les émotions ne sont pas son domaine. Il fait avant tout un large usage de l’intellect. Nous utilisons notre état Adulte lorsque nous assumons nos responsabilités de toutes sortes, nous attachons à résoudre un problème, évaluons une situation en vue de prendre une décision... Par son tempérament neutre et posé, l’Adulte tend à désamorcer ou a éviter les conflits. Une relation d’Adulte à Adulte est par nature égalitaire et ne produit pas de chocs d’ego. L’Adulte est l’état adapté à la négociation : étant soucieux d’équité, il tend à faire des propositions permettant à chaque partie de trouver bénéfice dans un accord. Exemples de phrases utilisées par l’Adulte : « Quelle heure est-il ? - Dix heures trente » ; « On dirait qu’il va faire de l’orage - Oui, nous avons intérêt à trouver un abri » ; « Il y a sûrement une solution à ce problème ». L’Enfant Il y a également en chacun de nous un aspect enfant, et ceci, comme nous l’avons souligné, quel que soit notre âge. Nous pouvons le définir comme la partie de nous-même « qui n’a pas vieilli ». L’Enfant peut se manifester de plusieurs façons : • L’Enfant libre ou spontané • L’Enfant adapté • L’Enfant rebelle 8 Comment développer vos ressources personnelles L’Enfant libre ou spontané : Ainsi que son nom le suggère, nous sommes dans notre enfant libre lorsque nous nous exprimons et agissons sans ressentir de contraintes, laissant libre champ à notre imagination, notre créativité, notre spontanéité. Il est par nature joueur, rieur, parfois capricieux. L’enfant libre tient le plus souvent compte de ses sensations physiques ; il se trouve aisément en état réceptif. C’est en nous trouvant dans notre enfant libre que nous laissons émerger et exprimons nos sentiments et nos émotions, aussi bien agréables que désagréables : joies et peines, attirances et aversions, peurs, colère... Cette spontanéité caractéristique de l’enfant est en elle-même séduisante, mais elle a aussi ses inconvénients lorsqu’elle ne tient pas compte de la sensibilité d’autrui : elle peut alors se révéler envahissante ou irritante. Qui n’a été un jour agacé par des rires ou des exclamations enthousiastes d’autrui alors qu’il avait besoin de calme ou de concentration ? L’enfant libre est une facette de notre personnalité qu’il est particulièrement important de prendre en compte en matière de développement personnel, du fait qu’il est étroitement lié aux sentiments, à la sensibilité, au plaisir, mais aussi à la curiosité et à la créativité. L’enfant libre est un puissant catalyseur de notre bonheur, c’est donc dire tout le soin qu’il mérite ! Exemples de phrases utilisées par l’enfant spontané : « Formidable ! Génial ! » ; « Aïe, aïe, ça fait mal ! » ; « Tu viens avec moi voir cette pièce de théâtre ? Je suis sûr qu’on va s’amuser comme des fous ! » L’Enfant adapté ou soumis Nous avons dit que l’Enfant libre s’exprimait sans contraintes... Mais celles ci finissent toujours par se manifester, et l’enfant apprend en conséquence à s’adapter aux règles qui régissent la vie sociale. Ces règles sont généralement édictées par les « Parents normatifs » des personnes qui composent son entourage... et finissent par être reprises, au moins en partie, par son propre Parent normatif. L’Enfant soumis est l’enfant sage et obéissant dont rêvent bien des parents. Il se plie aux règles, n’apporte pas de contrariété, fait ce que l’on attend de lui. 9 Comment développer vos ressources personnelles Ce comportement a pour inconvénient majeur un risque d’effacement lorsqu’il est trop poussé. L’Enfant trop et trop longtemps soumis tend à adopter les règles préétablies, à accorder raison à qui aura parlé en dernier, à manquer donc d’esprit critique et d’autonomie de pensée. L’Enfant rebelle L’Enfant rebelle est l’exact opposé de l’Enfant soumis : il s’oppose systématiquement à toute tentative qui viserait à lui imposer des règles, à restreindre ses choix et ses possibilités d’actions. Cette tendance à l’opposition systématique permet de prévoir en grande partie son comportement : il suffit de lui proposer une chose pour qu’il la refuse ou en fasse une autre par esprit de contradiction. Il n’est pas rare que l’Enfant qui s’est trouvé trop longtemps soumis devienne rebelle ; ce type de rébellion est une des caractéristiques de l’adolescence. Que devez-vous retenir des trois états du moi ? Il convient de souligner que les trois aspects - Parent, Adulte, Enfant - de notre personnalité sont présents en nous tout au long de notre vie, quel que soit notre âge. Surtout, il est important de réaliser que la place qu’ils occupent varie, évolue au fil du temps. A une époque, nous pouvons par exemple mettre en avant surtout notre composante Enfant, puis développer progressivement un comportement de type Adulte, celui-ci prenant plus fréquemment la parole lorsque nous communiquons. Il nous appartient de nous observer pour repérer laquelle de nos facettes nous utilisons à tel ou tel moment, celles que nous employons le plus souvent et celles qui paraissent sous-employées. Il n’y a pas un état du moi qui soit globalement « meilleur « ou « moins bon » que les autres ; chacune de nos facettes relationnelles a son utilité et nous permet de réagir à différentes situations, de façon plus ou moins adaptée. C’est l’usage inadapté, déplacé, de nos états du moi, ou bien encore un développement insuffisant ou un poids excessif de certains d’entre eux qui peuvent nous poser problème. 10 Comment développer vos ressources personnelles Les trois aspects du moi définis par l’analyse transactionnelle nous servent à communiquer. Non seulement avec autrui, mais en premier lieu avec nous même, en un dialogue interne entre nos différentes composantes. Les dialogues peuvent donc s’établir : - entre le Parent et l’Adulte - entre le Parent et l’Enfant - entre l’Adulte et l’Enfant Ceci avec toutes les nuances liées aux sous composantes que nous venons de décrire. De volumineux ouvrages ont été consacrés à l’analyse transactionnelle et à toutes ses finesses, aussi nous contenterons-nous ici de mettre en avant quelques aspects particulièrement utiles à une amélioration des relations avec soi-même. Je vous propose de porter une attention tranquille aux dialogues qui se déroulent dans votre esprit, et de tenter de reconnaître quelles sont les composantes qui entrent en relation. Portez aussi attention aux sensations que ces dialogues vous procurent : sont-elles agréables ou désagréables ? Peut-être entendrez-vous le Parent bienveillant s’adresser à l’Enfant libre pour le réconforter dans les moments difficiles ; ou bien le Parent critique faire la leçon à l’Enfant rebelle... Ce Parent critique vous semblera peut-être quelque peu oppressant ! D’une manière générale, il nous est favorable d’assouplir les interventions de notre Parent critique, car son discours est généralement fait d’interdits, de réprimandes, il n’est guère constructif et tend plutôt à générer des tensions : éternelle opposition entre le dynamisme créatif et libertaire de l’Enfant et les repères moraux et sociaux du Parent. Assouplir les interventions du Parent critique ne signifie pas pour autant supprimer tous les repères et toutes les normes ! Les normes et les repères sont bel et bien nécessaires à notre cheminement. Le Parent intérieur reste quoiqu’il advienne détenteur de nos valeurs ; il importe surtout que les normes édictées par notre Parent soient applicables, pertinentes, et en accord avec notre Etre profond. 11 Comment développer vos ressources personnelles Nous verrons un peu plus loin dans notre parcours l’importance de nos valeurs, c’est à dire nos convictions les plus profondes, qui sont autant de fils conducteurs pour notre vie. Le dialogue interne entre l’Adulte et les autres composantes ne présente pas de difficultés : l’Adulte peut consulter le Parent pour utiliser son expérience, son acquis et aussi ses normes en vue d’effectuer des choix pertinents. Il peut également écouter les sentiments de l’Enfant et les prendre en compte, soit pour agir rationnellement dans le sens d’une recherche de plaisir, soit pour calmer une souffrance. Ainsi, si l’enfant se plaint en disant « Je me sens mal dans ce conflit », c’est l’Adulte qui sera le mieux à même de trouver la solution au conflit en question. L’Adulte peut aussi tempérer les ardeurs parfois brouillonnes de l’enfant par une saine logique n’ayant rien de contraignant ou de menaçant. Par exemple, notre Adulte intérieur nous présentera l’argument des calories lorsque notre enfant tend à abuser des sucreries, alors que le Parent critique aura pour sa part tendance à utiliser la réprimande, à susciter la honte de la gourmandise ou la crainte des kilos en trop... Retenons de tout cela que notre relation avec nous-même sera d’autant plus favorable que nous aurons plus tendance à développer et à utiliser notre Parent bienveillant, notre Adulte et notre Enfant libre. A nous de doser judicieusement leur développement et leur usage, et de faire en sorte que le dialogue intérieur se fasse aussi harmonieusement que possible. L’analyse transactionnelle est à ce titre un bon outil de connaissance de soi. Elle nous permet d’écouter nos voix intérieures, de connaître et comprendre certains de nos comportements, de les accepter comme autant de faits naturels, puis de les améliorer s’il y a lieu. Partant, elle nous permet également de mieux gérer nos relations avec autrui et d’affiner notre communication. 12 Comment développer vos ressources personnelles Votre relation avec les autres Nous avons dit précédemment que la position de vie la plus favorable était « OK+/OK+ », c’est à dire une bonne opinion de soi alliée à une bonne opinion des autres. Nous venons de chercher à asseoir cette bonne opinion de soi indispensable à la qualité de nos relations par une saine compréhension de notre fonctionnement relationnel. Il existe bien sûr d’autres moyens pour développer une bonne opinion de soi. : l’analyse transactionnelle n’est qu’un outil parmi d’autres. Comment à présent développer une bonne opinion d’autrui ? Les choses semblent se compliquer quelque peu, puisque, si nous sommes bien placés pour nous connaître nous-même (encore que cela demande du temps et beaucoup d’attention), il est à l’évidence plus délicat de connaître et comprendre autrui, et bien souvent difficile d’en avoir une opinion entièrement positive ! Précisons d’emblée qu’avoir une vision positive d’autrui ne consiste pas à faire de l’angélisme et à considérer naïvement que toute personne que nous rencontrons est totalement digne de confiance. Notre Parent sait fort bien, par expérience, que tout être humain a ses travers et que certaines personnes sont capables d’actions néfastes voire dangereuses pour leur entourage. Améliorer ses relations avec autrui commence par une vision claire et réaliste, aussi objective que possible de toute personne avec qui nous entrons en contact. A cette vision claire, il est aussi nécessaire de joindre les qualités suivantes : - le respect - l’acceptation - la bienveillance Sur ces bases pourront s’établir plus aisément des relations équilibrées et satisfaisantes, faites de confiance et d’équité. 13 Comment développer vos ressources personnelles Voyons plus précisément ce que peuvent recouvrir la notion de « vision claire d’autrui » et les mots de respect, d’acceptation et de bienveillance. Ayez une vision claire d’autrui Avoir une vision claire d’autrui consiste à voir les êtres tels qu’ils sont effectivement, en laissant donc de côté nos préjugés, nos a priori et nos interprétations. Ceci implique notamment d’éviter de projeter sur eux nos craintes et nos attentes. Il s’agit aussi d’aller au-delà des apparences pour tendre à percevoir l’essentiel de la personne qui est en face de nous, c’est à dire ce qui constitue véritablement sa personnalité. Il n’est pas forcément aisé de voir au-delà de l’apparence physique, du rôle social, d’un comportement qui ne révèlent que certaines facettes de la personne ; mais si cela représente un effort non négligeable, cet effort s’avère vite payant en termes de qualité des relations. Chacun d’entre nous - et ceci vaut donc aussi pour nous même - porte un certain nombre de masques, en fonction des circonstances. La question est de prendre conscience de ces masques, de ne pas s’y arrêter et de voir au-delà. La vision claire d’autrui, puisqu’elle cherche à comprendre le mieux possible la personnalité de l’autre, implique la perception des qualités comme des défauts. Le réalisme nécessaire à des relations réussies nous demande de ne négliger ni exagérer aucun aspect de ce que nous percevons de la personnalité d’autrui. Le respect Le respect dont il est question ici est différent d’une déférence teintée d’une certaine crainte, telle que l’on peut en nourrir vis à vis d’un supérieur hiérarchique. Il s’agit plutôt d’être conscient des droits fondamentaux de chacun et de veiller à ne pas violer ces droits. Ce respect est essentiellement de nature égalitaire : il consiste à considérer que l’autre et moi avons les mêmes droits naturels. Il s’agit donc de ne se placer a priori ni en dessous (OK-/OK+), ni au-dessus (OK+/OK-) de l’autre. 14 Comment développer vos ressources personnelles Dans le premier cas, nous manquerions de respect pour nous-même ; dans le second, nous ferions preuve d’un ego superflu. Dans les deux cas, il est clair que la relation est déséquilibrée. Le respect peut être défini comme un équilibre, un juste milieu entre la crainte et l’arrogance. Remarquons au passage que nous retrouvons ici le principe d’équilibre entre les complémentaires : la crainte est un excès de Yin, l’arrogance est un excès de Yang. L'ego est sans doute le principal obstacle aux relations interpersonnelles. Cette composante fondamentale de l'être humain nous permet de sauvegarder notre intégrité ; elle tend aussi à susciter des rivalités et des conflits. Notre propre ego voudrait nous faire considérer que nous valons mieux que l'autre, que nous sommes plus important que lui. Et l'ego d'autrui, lorsqu'il prend un peu trop de place, dérange toujours le nôtre... Nous reviendrons sur cette importante notion d’ego. Retenons pour le moment qu’il tend à s’amenuiser à force de ne pas s’en servir. Assurément, nous avons tous besoin de recevoir du respect. Et le moyen le plus sûr pour en recevoir est tout simplement d’en donner ! Il nous est favorable d’accorder un respect équivalent à tout un chacun : pourquoi privilégier une personne par rapport à une autre ? Nous pouvons avoir les mêmes égards pour toutes les personnes avec qui nous entrons en relation, quels qu’en soient l’âge, le sexe, l’origine géographique, la culture, le rôle social ... L’acceptation Nous avons dit que la vision claire d’autrui incluait le fait de percevoir aussi bien les qualités que les défauts de chacun. L’acceptation qui vient s’ajouter à cette vision claire peut être définie comme la faculté de ne pas juger, tout en étant conscient des défauts, des limites et des faiblesses de la personne considérée. Nous pouvons percevoir les limites, les travers d'autrui, et ne pas pour autant porter de jugement négatif. Notre degré d’évolution peut s’évaluer notamment en fonction de ce critère : la faculté de ne pas juger. L’acceptation de l’autre est la définition même de l’attitude OK+ : Je t’accepte tel que tu es. 15 Comment développer vos ressources personnelles L’acceptation est à l’opposé de la réaction de rejet : elle est ouverture. La tendance à rejeter autrui, à faire de l’autre un objet de dédain voire d’exécration, est une redoutable composante de l’humain que nous avons grand bénéfice à observer, à constater en nous, pour la faire fondre progressivement en l’utilisant de moins en moins... L’acceptation est étroitement liée à la notion de tolérance. Accepter que l'autre soit tel qu'il est, c'est accepter non seulement qu’il ait des défauts, mais aussi qu’il soit différent de nous, avec un comportement, des convictions, des intérêts et des motivations parfois très éloignés des nôtres. Voilà qui est bien sûr plus facile à dire qu’à faire ! Tout comportement d’autrui n’est pas forcément aisé à accepter, et notre tolérance a ses limites... que nous pouvons cependant repousser. La tolérance n'est pas absence de réaction, ni indifférence. Elle ne signifie pas qu’il faille accepter, ni encore moins favoriser les abus, les excès et les méfaits. Chacun ayant droit au respect de la part d'autrui, nous avons toujours à nous faire respecter, et à nous protéger lorsque le besoin s’en fait sentir. La tolérance ne consiste pas non plus à « encaisser » en mijotant quelque vengeance pour plus tard. Cette attitude correspond à ce que l’analyse transactionnelle nomme « la collection de timbres ». Celle-ci consiste à stocker les contrariétés, les frustrations comme autant de « timbres-prime » qui donneront droit ultérieurement à un « cadeau ». Nous accumulons sans rien dire sur le moment, puis une fois atteint un certain volume de « timbres » nous les rendons d’un seul coup, en piquant une colère ou en prenant une revanche qui est notre contrepartie, notre cadeau. Accepter l’autre est réellement pouvoir en constater la personnalité, le comportement, sans ressentir d’émotion notoirement désagréable ou négative. La bienveillance Dans les relations avec autrui aussi bien que dans la relation avec soi même, la bienveillance est un ingrédient essentiel. Si l’acceptation permet de voir les défauts d’autrui sans porter de jugement, la bienveillance va un peu plus loin encore. 16 Comment développer vos ressources personnelles En effet, nous pouvons dire que la bienveillance consiste à voir en priorité les qualités d’autrui. Soulignons à ce propos que si nous savons voir et apprécier les qualités d’une personne, celle ci tendra automatiquement à les utiliser ! Ceci vaut d’ailleurs avant tout pour nous même : sachons voir nos qualités, et nous les mettrons d’autant plus facilement en oeuvre ! Un autre aspect de la bienveillance est de ne pas avoir d'intention négative ou agressive envers autrui. Cette attitude, simple dans son principe, s’avère souvent difficile à mettre en pratique, et ceci pour plusieurs raisons. Il y a tout d’abord la présence de notre Parent critique, qui tend à regarder toute personne d’un oeil peu compatissant, à se focaliser sur les défauts et les erreurs d’autrui. Il nous appartient d’être conscients des interventions de cette facette de notre personnalité, et de passer le plus possible le relais à notre Parent... bienveillant. Il y a par ailleurs le comportement d’autrui, qui peut parfois s’avérer désagréable à notre égard, agressif, voire mal intentionné. L’autre aussi a son Parent critique, son ego, ses travers... L’agressivité, l’intolérance, les conflits sont une réalité qui constitue la pierre d’achoppement des relations interpersonnelles. Le défi est alors de savoir comprendre la motivation réelle d’autrui, de se protéger d’éventuelles agressions (réelles et non supposées), d’éviter de susciter des conflits récurrents en répondant à l’agression par l’agression. Considérable défi... que nous pouvons prendre comme un objectif à long terme, tant il est vrai que la souplesse et l’équilibre des relations ne s’obtiennent pas en un jour. Mieux encore, nous pouvons prendre ce défi comme un jeu léger, dans lequel il n’y a rien à perdre et tout à gagner : peu importent le temps nécessaire et les difficultés rencontrées, tout progrès, tout succès procurent de réelles satisfactions. Nous pouvons considérer que nos opposants, nos ennemis même, nous sont utiles puisqu’ils nous fournissent les meilleures occasions de progresser ! La bienveillance que nous pouvons développer envers autrui est étroitement liée à celle que nous nous accordons. L’estime que nous avons de nous même est également notre précieuse alliée : plus nous serons affermis dans l’estime de nous-même, mieux nous serons à même d’utiliser notre état du moi Adulte et à faire usage de l’attitude dite assertive qui consiste à s’affirmer, à pouvoir s’exprimer et agir sans crainte, sans agresser ni manipuler. 17 Comment développer vos ressources personnelles Utilisation des états du moi dans les relations interpersonnelles Communiquer, être en relation avec une autre personne implique une certaine adaptation à cette personne. La question est alors de s’adapter à l’autre tout en restant soi même. Cela est d’autant plus réalisable que nous sommes conscients de l’état du moi utilisé par notre interlocuteur : nous pouvons alors choisir, instinctivement ou en toute conscience, l’état de notre propre moi qui va lui répondre. Parlant du respect, nous avons évoqué le bien fondé d’un mode de relation égalitaire. Vu sous l’angle de l’analyse transactionnelle, ce principe d’égalité garde toute sa pertinence. En effet, si nous considérons les relations interpersonnelles comme des transactions entre les états du moi des personnes en relations, nous pouvons nous constater que deux types de relations peuvent s’établir : a) les relations entre mêmes états du moi - La relation Parent <-> Parent Elle consiste essentiellement en « jeux sérieux » : il s’agit surtout d’échanger des points de vue et des considérations entre « gens convenables » sur toutes sortes de sujets « passe temps », et surtout sur autrui, avec une forte tendance à émettre des jugements. Selon que les normes des deux Parents sont ou non compatibles, la relation peut être courtoise ou tourner à l’affrontement. Dans le premier cas, elle peut apporter à chacun la satisfaction de voir ses normes, ses convictions confortées par autrui. - La relation Adulte <-> Adulte Elle est particulièrement équilibrée, apte à éviter les conflits ou à les résoudre et à traiter les problèmes de toute nature. C’est une relation avant tout basée sur l’efficacité, mais qui manque aussi de chaleur et d’entrain. Rappelons-nous que l’Adulte représente l’intellect : l’échange entre Adultes ne peut guère générer que des satisfactions d’ordre... intellectuel. - La relation Enfant <-> Enfant 18 Comment développer vos ressources personnelles Voici une relation susceptible d’apporter de vives satisfactions, pour peu que les Enfants trouvent un terrain de jeu commun, que des émotions positives soient partagées, que la confiance règne. C’est le cas par exemple lorsque nous nous distrayons entre amis, plaisantons entre collègues, vivons une relation amoureuse sur le mode du jeu bienveillant et chaleureux... Le plaisir est alors ce qui caractérise essentiellement les échanges. Il s’agit de jouer ensemble, d’être dans le ressenti, l’émotion, la spontanéité. Il peut se produire que la relation Enfant / Enfant tourne à l’aigre lorsque les désirs et attentes de l’un ne sont pas satisfaits ; peuvent alors entrer en jeu les côtés capricieux, coléreux, boudeurs ou rancuniers de l’Enfant. Car l’Enfant peut être lui aussi vecteur de l’ego, notamment sous forme d’égocentrisme. L’une de ses caractéristiques est de vouloir « tout, tout de suite »... avec le risque de vives contrariétés et de souffrances si ses désirs impatients ne sont pas comblés. A contrario, une situation relationnelle particulièrement favorable est celle d’intimité, qui peut se définir comme la relation entre deux personnes dont les Enfants ont entièrement confiance l’un en l’autre et s’amusent avec l’assentiment de leurs Adultes et de leurs Parents. b) les relations entre différents états du moi - La relation Parent <-> Enfant Lorsque c’est le Parent critique qui s’adresse à l’Enfant, la relation est de type dominant / dominé : soit c’est l’Enfant adapté soumis qui répond, soit c’est l’Enfant rebelle. Le déséquilibre de la relation crée automatiquement une tension et des frustrations chez l’Enfant, prometteuses de conflit rapide ou à retardement. La relation Parent donnant / Enfant libre est bien adaptée aux cas où l’Enfant a besoin de réconfort et de soutien, à condition toutefois que ce soit l’aspect positif, bienveillant du Parent qui intervienne, et non son côté « sauveur ». - La relation Adulte <-> Enfant Cette relation est particulièrement adaptée à la pédagogie, l’Adulte fournissant des explications claires et rationnelles à 19 Comment développer vos ressources personnelles l’Enfant. N’utilisant pas l’ego, il ne se place pas au-dessus de l’Enfant mais se met à sa portée avec un souci d’efficacité. Par ailleurs, comme dans le cas du dialogue intérieur, l’Adulte peut s’enquérir, sans émotion, des « états d’âme » de l’Enfant pour trouver remède à d’éventuelles difficultés. Un immense champ d’action Les relations interpersonnelles sont un aspect si important de notre vie qu’elles mériteraient des développements remplissant des volumes entiers. Il conviendrait notamment d’aborder des sujets aussi vitaux que les relations parents/enfants ou la relation amoureuse. Nous nous sommes contentés ici de souligner quelques aspects utiles à la compréhension et à l’amélioration des relations. Une fois ces quelques éléments de base intégrés, le reste est surtout affaire de pratique... et de bonne volonté. Nous pouvons considérer avec raison que nous aurons toujours à faire pour améliorer la qualité de nos relations. Mais comme il a été dit, un bon moyen d’avancer et de progresser est sans aucun doute de considérer que cet immense champ d’action que sont les relations humaines est avant tout un terrain de jeu. Sachons donc utiliser les meilleurs aspects de notre Enfant pour apprécier tous les plaisirs du parcours, tout en assumant nos responsabilités en adultes, et en gardant un regard bienveillant sur nous-même et sur autrui. La première des choses pour être en bons termes avec autrui est d’être en bons termes avec soi-même. Nous avons commencé à pratiquer une attention bienveillante envers nous même : il nous appartient d’utiliser cette même attention envers les autres. Nos relations nous posent parfois des problèmes de « morale », ou d’éthique. Plutôt que d’utiliser ces concepts qui reposent plus souvent sur des acquis que sur nos valeurs personnelles, profondes, prenons l’habitude de nous tourner vers la partie profonde, subtile de notre Etre, vers le Soi, pour nous orienter. La relation interpersonnelle de Soi à Soi est la plus belle qui se puisse vivre : l’Etre est en phase avec l’Etre, sans les filtres de l’intellect, sans ego, au-delà des sens... 20 Comment développer vos ressources personnelles Au-delà des façons rationnelles d’aborder la relation, telles que les techniques d’analyse transactionnelle, la conscience de notre Etre profond et de celui des personnes avec qui nous entrons en relation va nous permettre, peu à peu, de développer cette vision claire et bienveillante qui est le gage de relations réussies. Laissons donc parler notre coeur tout en sachant utiliser notre raison à bon escient. 􀁉 21 Comment développer vos ressources personnelles Vos relations avec la Vie Nous n’avons pas seulement des relations avec les autres être humains ; nous sommes en continuelle relation avec tout ce qui constitue notre environnement, ainsi qu’avec la dynamique du temps et du devenir. Nous pouvons appeler ce vaste ensemble aux contours flous « la Vie », ou bien le Monde, le Destin, l'Ordre des Choses, le Hasard, la Chance, les Evénements... Cette Vie nous pose de multiples questions : nous en avons une perception qui varie au fil des jours et des ans, nous en cherchons le sens, elle nous paraît parfois bien compliquée ou difficile, parfois prometteuse ou même radieuse... Entité mystérieuse en effet, au sein de laquelle nous nous dirigeons comme sur un océan ou dans une jungle, sans en percevoir les limites, sans savoir avec certitude si quelque force occulte (que nous pouvons appeler le destin, par exemple) agit sur nous, ou bien si nous disposons au contraire de tout notre libre arbitre et déterminons entièrement notre devenir. Ce choix entre le déterminisme et l’autodétermination relève de la conviction, de la croyance, car nous ne disposons pas de preuves que l’une ou l’autre hypothèse est la seule valable. Peut-être aussi toutes deux sont-elles applicables simultanément ? Tentons posément de voir ce qu’il en est... En y regardant de près, il apparaît que pour une large part, notre destin n'est autre que la résultante de nos actions, de nos choix. En effet, toutes nos actions, nos paroles - qui découlent elles-mêmes de nos pensées - ont des conséquences sur nous même et notre entourage. Toutes les causes s'enchaînent, et nous pouvons le plus souvent relier ce qui nous arrive à nos actes passés. Mais il se produit aussi parfois dans notre vie des événements dont la cause ne paraît pas due à nos actes. 22 Comment développer vos ressources personnelles Pour illustrer la différence entre ces deux types d’événements, elle est sensiblement celle qu’il y a entre se taper sur les doigts en plantant un clou (ce qui découle d’une maladresse de notre part) et se trouver pris dans un accident de la route sans avoir commis la moindre imprudence. Les causes des événements que nous vivons ne nous apparaissent pas toujours, et certains aspects de notre destin ou de celui d'autrui peuvent paraître extrêmement durs, voire injustes. Je ne proposerai ici aucune hypothèse - qui serait de toute façon invérifiable - pour tenter d’expliquer le pourquoi de certains aspects du destin. En discernant simplement les deux aspects de la Vie (ce qui dépend de nos actions et ce qui n’y semble pas lié), la simple logique nous permet de voir ce qu’il convient de faire. Sachant qu’une large part de notre devenir est liée à nos choix et à nos actions, nous avons donc à faire des choix pertinents et à agir en connaissant cette loi simple mais fondamentale de la vie : toute cause produit ses effets. Il reste la part d'impondérable, d’imprévisible de notre vie, avec ses bons et ses mauvais moments. Comment en tirer le meilleur parti ? Trois atouts nous sont pour cela particulièrement utiles : la confiance, la faculté d’adaptation, l’audace. Nous avons grand bénéfice à faire de plus en plus confiance à la Vie, à la part d'impondérable de l’existence. Certes, des événements éprouvants peuvent toujours survenir : entre alors en jeu notre perception, notre façon de les vivre et d’y faire face. Nous pouvons tirer bénéfice des difficultés que nous traversons, qu’elles se soient produites de notre fait ou malgré nous. Nous pouvons cultiver la conviction que l’ordre des choses n’a pas pour but de nous agresser ou nous détruire, et que tout ce qui nous arrive peut d’une manière ou d’une autre être mis à profit. Faire confiance à la vie, c’est avancer sans crainte, accepter par avance tout ce qu’elle nous apportera. Pour faire face aux événements difficiles, notre faculté d’adaptation est un précieux atout. Il nous est particulièrement favorable de développer et d’utiliser la créativité qui en est la base. Le développement de la créativité sort du cadre de cet ouvrage ; je vous suggère néanmoins d’en faire un terrain d’exploration personnel tant cela est potentiellement riche de joies et de progrès ! 23 Comment développer vos ressources personnelles Outre la confiance et l’adaptabilité, nous avons dit que l’audace nous est nécessaire pour entretenir les meilleures relations possibles avec la Vie. Celle-ci nous met régulièrement face à des défis qui pour être relevés nous demandent à la fois de l’imagination et du courage. Plus encore, nous pouvons prendre les devants et nous lancer nos propres défis. Par cette attitude dynamique, nous subissons moins les aléas du sort ; nous augmentons au contraire la part de notre destin que nous choisissons et maîtrisons. Enfin, sachons cultiver en nous un tempérament d’explorateur. L’explorateur se caractérise notamment par cette audace que nous venons d’évoquer, mais aussi par un esprit d’ouverture, de conquête, et une intarissable curiosité, le besoin de découvrir, pour le plaisir. Nous gagnons beaucoup à considérer la Vie non comme une contrée méconnue, pleine de dangers et de menaces, mais comme un monde à explorer, immensément riche de possibilités et de joies. Découvrir, apprendre, progresser sont des caractéristiques indissociables de notre nature : vivons les donc, en savourant toutes les satisfactions qu’elles peuvent nous procurer. Tous ces atouts – confiance, faculté d’adaptation, audace - relèvent de nos capacités et aussi de nos croyances. Capacités et croyances qui sont justement les prochains domaines que nous allons explorer… 􀁉 24 Comment développer vos ressources personnelles Sur le territoire de vos ressources Talents, capacités, potentialités, forces, atouts, aptitudes, facultés, savoir-faire... Nous possédons tous en nous de multiples ressources que nous avons tout bénéfice à bien connaître, à cultiver, à développer, et à savoir utiliser ! Tentons de mieux connaître ces terres fertiles de nos ressources, toujours plus riches que nous n’osons l’imaginer… Ressources, croyances et expérience Pour aborder ce domaine de nos ressources, il nous est nécessaire de prendre d’emblée pleinement conscience du lien entre elles et nos croyances. Nous verrons, lors de notre prochaine étape d’exploration, la puissance de nos convictions, de nos croyances, et comment elles s’appliquent en premier lieu à nous-même et à nos capacités. En effet, nous avons sur nos capacités nombre de convictions ou croyances, favorables ou défavorables, qui conditionnent pour une large part l’émergence et la mise en pratique de ces capacités. Etre convaincu que nous sommes capables de réussir dans une entreprise nous permet de faire réellement émerger les capacités nécessaires à cette entreprise et nous donne le maximum de chances de réussir. A l’inverse, être persuadé que nous n’en sommes pas capables nous empêche très « efficacement » de mettre en oeuvre notre potentiel : si toute tentative n’est pas bloquée d’office, nos potentialités restent en sommeil, faute d’être autorisées à se manifester. Faut-il préciser que dans un tel cas, la réussite est pour le moins compromise ? 25 Comment développer vos ressources personnelles Ce qu’il est important de souligner ici, c’est qu’il y a interaction permanente entre nos croyances sur nous-mêmes et nos capacités. Car non seulement, comme nous venons de le montrer, la conviction engendre la capacité, mais la capacité génère également la conviction : réaliser par l’expérience que l’on est capable crée ou renforce automatiquement la croyance que l’on est effectivement capable. Prenons un exemple : Vous vous essayez un jour, « pour voir » à une activité sportive ou artistique nouvelle pour vous, et les résultats s’avèrent encourageants ; cette expérience vous procure du plaisir, des satisfactions, voire même une certaine fierté. A la faveur de cette réussite, vous concevez des pensées de cet ordre : « Je constate par cette expérience que j’ai des talents, des dispositions pour cette activité. Cela m’enchante, car je n’en savais rien ! Et cela me donne envie de faire encore mieux, de poursuivre l’expérience ». Et vous voilà en route avec un atout de plus dans votre jeu… Le fait de constater l’existence d’une capacité vous a donné confiance en vous, a renforcé la conviction que vous aviez effectivement un potentiel à utiliser et vous a incité à le développer. Remarquons au passage que l’envie de persister dans la voie nouvellement découverte est liée au principe de plaisir : toute satisfaction ressentie lorsque nous réussissons est si agréable que nous cherchons automatiquement à la renouveler et si possible à l’amplifier. Prenons à présent un exemple opposé : Vous avez envie d’essayer la même activité artistique ou sportive, ou peut-être quelqu’un vous propose-t-il de la partager avec lui. Mais il y a un mais : vous êtes persuadé que vos talents en la matière sont très limités, voire inexistants. Cela peut tenir à une tentative ancienne peu réussie qui vous a valu des critiques ou des moqueries, ou bien simplement au fait que ce domaine inconnu vous effraie quelque peu. Toujours est-il que vous ne croyez pas en votre capacité d’y briller ou même d’en retirer des satisfactions. Que va-t-il se passer ? Soit vous renoncez avant même d’avoir essayé, soit vous essayez néanmoins, mais votre conviction négative est si forte que les résultats vous procurent effectivement plus de déboires que de satisfactions, aussi préférez vous ne pas persister… Et pourtant, il est plus que probable que vous avez suffisamment de dispositions pour pratiquer cette activité et en retirer des satisfactions, et il est absolument certain que ces dispositions peuvent être 26 Comment développer vos ressources personnelles développées ! Il vous manquait simplement la conviction pour amorcer le mouvement, pour débuter sur des bases favorables. Nous pouvons entrevoir ici la grande responsabilité de nos éducateurs : en quelques paroles, ils peuvent nous donner confiance en nous et nous faire aimer la matière qu’ils enseignent, ou au contraire nous faire croire que nous sommes incapables en cette matière et nous en dégoûter à tout jamais… Par ces exemples, nous voyons à nouveau l’importance des nos croyances, et combien une simple modification de nos convictions peut nous ouvrir de larges horizons. L’interaction naturelle entre croyances et ressources fonctionne en boucle, et cette boucle peut être « vertueuse » ou « infernale », favorable ou défavorable, selon que nous cultivons des croyances positives ou négatives, et aussi selon la manière dont nous prenons conscience de nos réussites et de nos insuccès. Nous pouvons heureusement dans de nombreux cas amorcer le mouvement dans le bon sens : une fois lancée, la boucle favorable nous entraînera d’elle-même et notre potentiel pourra se manifester pleinement. Des ressources disponibles à tout moment. Nos ressources sont pour une part d’ordre inné ; c’est ce que l’on peut appeler notre héritage : nous avons tous par nature des facultés d’apprentissage, un potentiel de générosité et d’affection, des qualités humaines en quantité, une certaine énergie physique et psychique… D’autre part, nous acquérons et développons des connaissances, des savoir-faire tout au long de notre existence. Tout ce que la vie nous apprend est stocké dans nos mémoires ; ce savoir, cette expérience vécue constituent une large part de nos ressources. Cette mémorisation se réalise en grande partie à un niveau inconscient. Milton Erickson, thérapeute américain de renom, considérait l’inconscient comme une partie de nous-même dépositaire de tout ce que nous avons appris depuis notre naissance. Cet acquis, outre qu’il peut être stocké à un niveau inconscient, peut être utilisé plus ou moins consciemment. Il nous est en effet possible de réaliser des choses complexes sans en être pleinement conscients. 27 Comment développer vos ressources personnelles Ainsi, il est arrivé à tout conducteur automobile de parcourir des kilomètres en pensant à tout autre chose, ou en entretenant une conversation assez soutenue pour mobiliser l’essentiel de ses facultés intellectuelles, de ses ressources conscientes. Cette « conduite automatique » d’un véhicule est rendue possible du fait que le savoir-faire est si bien acquis que l'opération complexe que représente la conduite est entièrement assurée par les mémoires inconscientes, sans recours à l'intellect ni à la réflexion. Nous pouvons déduire de ce genre d’exemple que nous pouvons nous appuyer en confiance sur notre inconscient pour mettre à notre disposition nos ressources acquises. Mais, outre ces ressources acquises, il nous faut considérer également l’existence, quelque part en nous, de nos ressources « innées », des talents qui se révèlent à la moindre occasion, pour peu que nous les laissions s’exprimer, comme dans l’exemple où il s’agissait d’essayer une activité nouvelle. Chacun de nous a pu s’apercevoir maintes fois au fil de son parcours qu’il disposait de ressources restées jusque là insoupçonnées. Nous pouvons avec bénéfice cultiver la conviction que notre inconscient recèle d’immenses possibilités, aussi bien acquises qu’innées, et que ces ressources sont à notre entière disposition, a tout moment : il nous suffit de nous tourner vers notre inconscient pour qu’il nous fournisse les ressources nécessaires à notre cheminement et à notre réussite. Je vous propose donc d’adopter les convictions suivantes : J’AI EN MOI TOUTES LES RESSOURCES QUI ME SONT NECESSAIRES MES RESSOURCES SONT DISPONIBLES A TOUT MOMENT Il serait sans doute excessif de penser que nos ressources sont illimitées, mais nous pouvons être convaincus qu’elles sont tout à fait considérables, en tous cas bien plus importantes que nous ne l’imaginons. En peu de mots : nous pouvons faire très largement confiance à notre inconscient et aux immenses potentialités qu’il recèle. 28 Comment développer vos ressources personnelles Il s’agit là d’un point essentiel : garder et entretenir la conviction que nos ressources sont immenses est un atout de premier ordre pour notre développement. La confiance est un autre aspect tout aussi essentiel : plus nous avons confiance en notre inconscient, plus il peut nous livrer facilement ses richesses. Notre inconscient est mystérieux par nature, et il peut nous paraître parfois inquiétant par ses aspects imprévisibles, hors de la maîtrise du conscient. L’inconscient est plutôt déconsidéré dans notre culture occidentale, qui y voit le plus souvent une sorte de gouffre dans lequel s’entassent pêle-mêle nos refoulements et nos complexes. Pourtant, cette partie de nous-même est bien au service de notre personne entière, nous fournissant des signaux, des indications subtiles, des réactions, qui ont leur logique propre parfois déroutante, mais vont toujours dans le sens de « la meilleure ou de la moins mauvaise solution » pour nous. Notre inconscient dispose d’une compréhension de la vie et de ses phénomènes qui lui est propre ; nous lui devons notamment tout ce que nous appelons intuitions, prémonitions, flair, « feeling », dont l’interprétation n’est pas toujours aisée, mais qui se révèlent bien souvent pertinents. Nul ne connaît précisément les contours ni le contenu de l’inconscient : nous n’en percevons au mieux que ce qui en émerge ici et là, sous des formes parfois étonnantes, voire incongrues, et prêtant à bien des interprétations de la part de nos facultés conscientes… Certains, tel Freud, ont vu dans l’inconscient une sorte de dépotoir de la conscience, d’autres l’antichambre de la divinité. Nous en sommes en fait réduits aux hypothèses… donc aux croyances. Toujours est-il qu’une manière favorable de considérer l’inconscient est de croire en ses richesses et de faire alliance avec lui : une alliance délibérée entre le conscient et l’inconscient, cet inconnu, à qui nous pouvons choisir de faire confiance. Pour permettre à notre inconscient de nous procurer toutes les ressources qu’il recèle, il est nécessaire que notre conscient sache se tourner vers lui et dialoguer avec lui. Voilà qui peut vous paraître bien inhabituel, voire un peu extravagant… Et pourtant, cela ne présente pas de réelle difficulté. Nous disposons des nombreux outils pour nous tourner en toute sérénité et simplicité vers notre inconscient. Nous développerons dans les derniers chapitres le concept d’attention nouvelle, une façon simple et agréable de nous retrouver nous-mêmes. Toutes les techniques et pratiques servant à relaxer le corps et l’esprit, à nous recentrer, nous remettent en phase avec notre être profond et 29 Comment développer vos ressources personnelles permettent au conscient d’être ouvert aux messages de l’inconscient. Ces techniques n’entrent pas dans le cadre de cet ouvrage, mais je ne saurais trop recommander au lecteur de s’y intéresser de près et d’en acquérir au moins un début de pratique. Une fois parvenus à un agréable état de détente et de réceptivité, il nous reste à dialoguer avec notre inconscient. Nous pouvons utiliser ici l’un des principes de base pour établir des relations satisfaisantes aussi bien avec soi-même (ce qui est notre relation primordiale) qu’avec autrui : il s’agit de considérer notre interlocuteur avec respect, estime et bienveillance. Notre conscient a une demande d’aide à formuler auprès de l’incons

Dernière mise à jour de cette page le 05/12/2006
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